Accueilli comme une rock star

Les fans de Corneille l’ont attendu avec impatience puisque le spectacle qu’il offrait hier soir au Centre Bell devait initialement être présenté au mois d’avril. Mais pour des fans, l’attente en vaut toujours la peine.

C’était patent dès l’arrivée de Corneille sur la grande scène, classe et sobre, avec ses longues draperies blanches qui descendaient du plafond pour conférer une atmosphère chic.L’ovation et les cris des jeunes filles qui ne se pouvaient plus étaient dignes des accueils de rock star.

Force de frappe

C’est probablement pour cette raison que le Québécois d’adoption a préféré l’amphithéâtre du Canadien.

Si sa musique francophone est fortement imprégnée de soul et de r & b, on a l’impression que plusieurs de ses chansons sont taillées sur mesure pour être entendues dans des lieux intimes.

Mais d’autres sont tellement universelles qu’elles ont une force de frappe considérable, surtout quand plusieurs centaines des 5 908 fans présents agitent des choux lumineux durant les chansons et lors des ovations.

Controverse

Pour le chanteur, l’épuisement du printemps, la controverse touchant son retour dans son Rwanda natal et les démêlés juridiques avec son ex-gérant semblaient bien loin. Souriant à pleines dents, observant longuement la foule de «son premier Centre Bell», il était plutôt dans l’état d’esprit proche du bonheur que lui confère son récent mariage.

Histoire d’être dans le ton, Corneille a opté pour un pot-pourri (Tout va bien, Toi, On regarde) rassembleur pour mettre tout le monde dans l’ambiance.

Ce dernier a aligné huit chansons tirées de son premier disque en ouverture, comme s’il avait voulu satisfaire les fans d’emblée.

L’ambassadeur de l’Unicef pour la campagne Unissons-nous pour les enfants contre le sida ne s’est pas trompé.

Durant Ça me va, la foule saisissait la réplique au vol pour assurer, alors que les jeunes filles placées derrière notre rangée ont failli nous tomber dessus tellement elles criaient et dansaient lors de Ensemble.

Tiré à quatre épingles comme Smokey Robinson, dont il a en partie le haut registre, flirtant avec l’allure d’un Marvin Gaye à ses débuts, Corneille a apprivoisé des éléments gagnants d’une autre époque mais il demeure tout à fait au diapason de sa génération.

Cela dit, si bon nombre de ses chansons dansantes sont plaisantes, elles sont plutôt légères.

C’est plutôt avec des chansons plus émouvantes qu’il fait mouche. On pense ici à Reposez en paix, formidable testament à ses parents disparus, et Lettre à la Maison-Blanche.

Pour ce dernier spectacle, il a offert une nouvelle composition (Love Is Good) qui devrait se trouver sur un éventuel disque en anglais. (Note de CorneilleZone: Selon mon souvenir, Corneille a chanté “Back To Life”…)

Qui sait ? Il passera peut-être de la pop sophistiquée à la sophisticated soul.

Source: Philippe Rezzonico – Journal de Montréal / Canoe