Strasbourg – Corneille, avec classe

Samedi soir, le chanteur Corneille a offert deux heures de concert tout en charme à une salle Erasme conquise d’avance et on ne peut plus généreuse.

[Image non retrouvée dans les archives]Pas de doute, Corneille sait parler aux filles, et leur sourire. Apparu sur scène en costume noir, cravate et chemise blanche, le jeune chanteur a tout du gentleman attrape coeurs.

Charmeur

Il sait écrire pour elles, aussi, faisant de l’usage des deux premières personnes du singulier le meilleur moyen de parler à chacune d’elles en même temps qu’à toutes, de susurrer à l’oreille de ses fans autant de mots d’amour que d’appels à l’espoir.

Pourtant, les conditions ne sont pas idéales pour se laisser conter fleurette comme en tête à tête : une salle Erasme pleine d’une foule en délire, onze musiciens sur scène et une ambiance sonore qui laisse à désirer. Le timbre de voix délicat du chanteur est audible, mais lointain. On peine d’ailleurs à comprendre les textes, qui résonnent avant de s’évanouir. Mais pour le public, peu importe : il les connaît déjà par coeur.

Chaque titre est accueilli par des cris d’enthousiasme, et la salle ne se retient jamais longtemps sur les sièges, même dans la première partie du show, très calme, et malheureusement assez linéaire. L’interprétation de Corneille tire toujours sur la même corde qui, bien que sensible, vibre sans varier. L’expression du visage, les gestes qui accompagnent les respirations, cette manière de lever les bras en croix quand l’intensité monte, sont comme un leitmotiv sans variante de titre en titre.

Rien de trop gênant, jusqu’à Tout va bien, qui décrit les scènes d’horreur auxquelles le jeune Corneille a assisté pendant le génocide rwandais. Là, le détachement est le même que sur les ballades. Peut-être pour mieux amener ce refrain optimiste : « Je suis là pour vous en témoigner / Et vous dire au nom de tous les miens/ Que tant qu’on vit et tant qu’on aime/ Tout va bien. »

Charmeur, positif, le jeune Rwandais partage les ingrédients du succès avec nombre d’artistes de variété actuels. Mais il a dans sa recette un quelque chose de plus : une générosité lumineuse qui conquerrait le dernier des récalcitrants au R’B à la française.

Encore deux mois et demi sur les routes, et Corneille retourne en studio pour enregistrer son deuxième album. Et, il l’a confié à son public strasbourgeois samedi soir en lui offrant deux nouvelles chansons : ce nouvel opus s’appellera Les Marchands de rêves. Et il parlera, comme le premier, de la vie, de l’espoir, et peut-être encore plus de l’amour.

Source: Dernières Nouvelles Alsace